La ville un lieu de rencontre, Le centre-ville – lieu de rencontre | Histoire et patrimoine | L'Indice bohémien

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Je m'attacherai ensuite à esquisser quelques-unes des fonctions symboliques que prend la parole dans cette agora moderne qu'est la place marchande en milieu urbain. Je laisserai ici de côté l'étude de ses aspects non-verbaux spatiaux en particulier pour m1 attacher surtout à la parole, qui en constitue un élément essentiel.

C'est là une dimension qui n'a pas été souvent abordée en ethnologie urbaine jusqu'à présent. Certains chercheurs en sciences sociales se sont appliqués à dégager la spécificité de la sociabilité dans la ville, utilisant à cet effet diverses méthodes, dont l'analyse de réseaux.

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Tels sont les travaux de C. Fischerrencontre aix marseille Etats-Unis : il montre comment le mode de vie urbain oblige les citadins à maintenir quelque distance dans leurs rapports interpersonnels et à savoir constamment s'adapter à des situations non familières ou des personnes inconnues, sans pour cela qu'ils souffrent nécessairement d'anomie contrairement à ce qu'en pensaient les ancêtres de l'ethnologie urbaine, tels L.

Wirth en particulier.

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Dans son livre sur ce même sujet, L. Lof land rend explicite la notion de "rapports impersonnels" que l'on utilise fréquemment pour décrire la condition du citadin : il s'agit des rapports limités et superficiels que l'on a en ville avec les gens dont on n'a qu'une connaissance catégorielle statut social, etc plutôt qu'une connaissance intime.

On ne trouve malheureusement guère de précisions chez ces deux auteurs sur le rôle de la parole dans les rapports interpersonnels en ville. Par contre, on trouve dans certains manuels d'ethnologie urbaine, tel celui de E. Eames et J. Goodedes remarques d'ordre général à cet effet. Passant en revue plusieurs lieux publics dans la ville, ils déclarent que les rapports sont encore plus impersonnels sur les places marchandes qu'ailleurs; mais ils s'empressent d'ajouter que le caractère particulièrement agressif des échanges langagiers qui s'y produisent donne à la parole une fonction intégratrice importante en ce lieu ouvert à tous.

Ces travaux m'ont poussée à me poser les questions - 9 - suivantes : la place marchande est-elle ou non un lieu particulier dans la ville?

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Les rapports entre les acteurs site rencontre mauricie y sont-ils véritablement impersonnels?

L'agressivité verbale est-elle ou non un facteur d'intégration entre les participants? De façon plus générale, quelles sont les fonctions symboliques de la la ville un lieu de rencontre, quel est son rôle dans l'établissement ou le renforcement de liens entre personnes qui se connaissent ou non sur une place marchande? Ce sont là les idées que je vais explorer ci-dessous, en m 'appuyant sur mes travaux de terrain dans deux villes de taille et d'importance comparables, à savoir Grenoble et Rouen.

J'utiliserai largement ici mes entretiens ethnographiques auprès de vendeurs et de clients de marchés, outre les données de l'observation directe, y compris mes enregistrements sur le vif.

En effet, il semble approprié, dans des champs d'étude multidisciplinaires comme l'ethnologie urbaine et l'ethnographie de la communication, d'utiliser des méthodes de collecte et d'analyse des données aussi diverses que possible, afin de parvenir à des résultats possédant ainsi un plus haut degré d'objectivité.

L'observation directe de données non-construites contient un risque que n'ont pas toujours évité les sociologues interactionnistes : celui de décrire les faits de la vie quotidienne de façon si détaillée que l'on aboutit à l'insignifiance. Il est donc important de pondérer cette analyse microscopique par l'examen des perceptions souvent plus globales des participants eux-mêmes, telles qu'elles peuvent s'exprimer au cours des entretiens ethnographiques.

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La sociabilité au marché, par rapport à d'autres lieux publics dans la ville Essayons tout d'abord de replacer la place marchande dans le contexte de la ville toute entière. On peut bien entendu le faire dans une perspective historique, la ville un lieu de rencontre j'ai brièvement tenté de le faire dans un article précédent Lindenfeld - 10 - b.

On peut aussi se poser la question suivante : y a-t- il d'autres lieux publics où la sociabilité se manifeste de façon comparable à ce qu'elle peut être sur un marché périodique?

En févrierle magazine Deskmag 2 rapportait l'existence de plus de EC dans le monde, dispersés dans 80 pays 3. Mais que sont ces espaces de coworking? Il y règne une ambiance décontractée et informelle qui libère la créativité et favorise le développement des projets.

Jardins publics et rues piétonnes On pourrait s'attendre à ce que les jardins publics aient en France une fonction sociale importante dans la ville, étant donné le nombre croissant de personnes qui habitent en appartement. Or ils ne paraissent pas rallier les suffrages de tous en tant que lieux de sociabilité. En fait, ils servent principalement à trois catégories d'usagers à Grenoble et à Rouen en centre-ville : les mères de famille qui y amènent leurs jeunes enfants; les adolescents qui s'y réunissent pour jouer; les retraités qui s'y retrouvent pour des activités régulières comme la partie de belote ou de boules, ou tout simplement pour prendre l'air et voir passer les gens.

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Pour beaucoup d'autres citadins, le jardin public est avant tout un lieu de passage ou de promenade familiale; rares sont ceux qui y vont pour entrer en contact avec d'autres personnes. Il y a peu d'interactions prolongées entre inconnus, à moins que des circonstances immédiates ou des activités communes prise de photos par exemple ne les rapprochent quelques instants.

Il est une dimension presque inexistante de la sociabilité dans ces lieux publics qu'évoquent avec nostalgie les personnes d'un certain âge : le grand nombre de concerts souvent gratuits qui s'y donnaient autrefois, offrant ainsi à tous un but de promenade. Maintenant qu'ils ont en grande partie perdu cet attrait, les jardins publics sont devenus - 11 - aux yeux de ces informateurs des endroits sans vie, auxquels on a tendance à substituer les rues piétonnes quand on jaf site de rencontre voir du monde.

Rouen ayant été à 1 ' avant-garde en France dans le domaine des voies piétonnes, il s'y trouve, en plein centre, plusieurs rues fermées à la circulation automobile. Telle est la rue Grosse-Horloge si connue par ailleurs pour ses richesses historiquesqui attire beaucoup de monde, et où règne une grande animation en particulier le samedi après-midi. On pourra objecter que les gens y vont dans un but commercial, puisqu'il y a là, à Grenoble comme à Rouen, beaucoup de grands et de petits magasins.

Mais, comme le révèle très rapidement l'observation directe, confirmée par les entretiens ethnographiques, nombreux sont ceux qui y vont au paris rencontre celibataire autant pour "lécher les vitrines" et voir du monde, que pour y faire des achats précis. Beaucoup semblent se complaire dans le "bain de foule" que leur offre le quartier piétonnier à certains moments de la semaine.

Lieux de commerce autres que le marché grandes surfaces et petits magasins Dans les lieux de commerce qui se consacrent avant tout à l'alimentation et à l'épicerie, les participants ont en apparence un but précis en commun, rencontrer un homme qui me plait savoir l'approvisionnement. C'est souvent là le sujet qui sert d'entrée en matière si l'on veut converser avec la ville un lieu de rencontre "étranger".

Mais nous allons voir que, selon certains informateurs et leurs dires ne font que confirmer ce que révèle l'observation directel'atmosphère est très différente dans les grandes surfaces et les petits magasins : dans le premier cas, les rapports sont généralement impersonnels, en particulier sur le plan verbal, tandis que - 12 - dans le second cas ils peuvent être personnalisés à l'extrême, certains participants "racontant leur vie".

A Grenoble comme à Rouen, la grande surface semble être considérée avant tout comme un endroit la ville un lieu de rencontre : on y trouve un très grand choix de marchandises, surtout dans le cas de celles qui sont situées en dehors du centre-ville. De plus, on peut rapidement "faire le plein" de temps à autre en remplissant un ou plusieurs chariots que l'on poussera ensuite jusqu'à sa voiture.

Il est particulièrement courant d'y acheter des boissons, de l'épicerie sèche et des produits d'entretien, autrement dit les articles lourds, encombrants, ou d'utilisation moins fréquente. Par contre, pour ceux qui en ont la possibilité du point de vue horaire en particulierle marché reste le lieu privilégié pour l'achat de fruits et de légumes.

Le marché dans la ville : un lieu de sociabilité à travers la parole - Persée

L'un des informateurs de Rouen se plaignait, au cours de l'entretien, qu'en grande surface on ne trouve "pas un brin de persil Comme le dit une retraitée, "c'est pour les gens pressés", car "on court avec son chariot 5" Une autre retraitée raconte son. Il existe bien entendu des établissements de taille moyenne superettes ' à Rouen et à Grenoble, répartis dans la ville. Mais ce sont finalement les petits commerces individuels et personnalisés, où l'on se fait servir, qui semblent avoir la préférence des personnes interrogées, outre le marché.

Twoday rencontre cite en exemple une dame de 85 ans qui vient tous les jours à sa boutique : "Elle nous raconte ses histoires de temps en tempsbon ben c'est sûr que ça doit la soulager, hein Se retrouver seule comme ça, bon ben elle va chez son commerçant, elle discute, c'est normal, hein. Si on aime pas les gens, c'est pas la peine de faire ça!

Olivier Razemon : « La ville, un lieu de rencontre »

Marchés et cafés De nombreux clients interrogés à Grenoble et à Rouen ont déclaré préférer nettement les marchés aux autres types de commerce. Parmi les raisons matérielles qu'ils donnent, citons la fraicheur des produits, les prix moins élevés ce qui peut être une illusion dans certains cas, puisqu'il y a parfois une différence de qualité, difficile à jauger pour le clientle fait que la plupart des marchés sont en plein air, et enfin la disposition des marchandises, souvent plus fantaisiste et plus "colorée" qu'ailleurs.

Quant aux raisons d'ordre psychologique ou social, elles se résument la ville un lieu de rencontre quelques mots : conscience d'un degré de contact humain et de liberté beaucoup plus élevé au marché que la ville un lieu de rencontre les autres endroits. En semaine, les gens du quartier y retrouvent leurs voisins. Autour du marché Saint Bruno à Grenoble, les cafés sont particulièrement pleins le dimanche matin.

Si l'on veut parler avec quelqu'un avant ou après ses achats, c'est un endroit bien commode : on peut s'y détendre, sans y être bousculé comme sur la place de marché elle-même. De plus, c'est un endroit où l'on peut rester longuement à côté de quelqu'un sans se sentir indiscret, tandis que certaines personnes répugnent à converser entre les étals, et surtout en faisant la queue à un étal, de peur de gêner l'interlocuteur ou de se sentir gêné soi-même parce que l'on fait alors ses achats au su et ' au vu de 1' Autre.

A Rouen, il y a également beaucoup de monde le dimanche dans les nombreux cafés qui entourent le grand marché Saint Marc. Si certains clients n'y vont qu'occasionnellement, au hasard des rencontres qu'ils font sur la place de marché, d'autres y viennent à une heure fixe pour retrouver des gens qu'ils connaissent, surtout à l'heure de l'apéritif.

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En outre, le PMU joue un rôle important : tel habitant du quartier, retraité, accompagne sa femme au marché, mais l'abandonne vite à ses achats et ses bavardages avec les voisines, pour aller de son côté acheter des cigarettes ou faire son tiercé dans l'un des cafés de la place. Si le café est donc un lieu de sociabilité évident, - 15 - la place marchande l'est aussi à bien des égards : c'est un endroit où l'on peut flâner, parler, regarder et toucher sans même se sentir obligé d'acheter.

Le thème de la détente et du plaisir a souvent été évoqué de façon spontanée au cours des entretiens avec des usagers à Rouen et à Grenoble.

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Plusieurs retraités en particulier ont fait allusion à cet aspect du marché : c'est "une manière de sortir". D'après une Grenobloise interrogée dans une mais. Moi je fais comme si j'achetais et pis j'achète pas. J'touchais les robes, les corsages Malgré la fonction avant tout économique du marché, on y vient aussi pour le plaisir. A témoin le commentaire de l'un des informateurs, selon lequel le marché "reste bien cet endroit où il y a des gens, du monde", et celui d'un habitant du quartier Saint Marc : "Le marché c'est toujours le marché, hein!

Les gens se plaisent dans le marchéî" II semblerait donc que pour certains usagers, la représentation mentale du marché soit en partie celle d'un endroit où l'on peut rencontrer des gens, s'amuser, trouver la ville un lieu de rencontre ambiance".

Une informatrice de Rouen me faisait remarquer à quel point le marché Saint Marc est "un endroit très vivant, très rouennais, qui relie les gens, qui garde le contact entre les Rouennais L'animation y est intense, en particulier entre onze heures et midi. Bien entendu, la principale activité sur cette place marchande relève du domaine économique : on achète et on vend, pour les vendeurs, le dimanche est un jour particulièrement affairé; ce n'est donc pas ce jour-là qu'il faut s'attendre à observer des interactions prolongées entre vendeurs et clients, surtout du côté de l'alimentation.

Pour les clients par contre, il est évident que c'est un jour où l'on n'est pas pressé, où l'on peut prendre le temps de flâner et de bavarder, et il y a beaucoup de conversations entre les étals.

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L'atmosphère est tout à fait comparable au marché Saint Bruno à Grenoble le dimanche matin, bien qu'il soit de taille plus modeste que le marché Saint Marc à Rouen.

Parmi la centaine d'étals circule une foule moins dense, mais tout aussi diverse, venue elle aussi soit du quartier environnant, soit d'autres parties de la ville ou des environs. Une la ville un lieu de rencontre sur le marché, beaucoup de clients se comportent de telle façon que l'observateur les sent guidés par l'habitude, par tout un rituel.

Pour bon nombre d'entre eux, le tour de marché préliminaire a tout achat parait indispensable : on "regarde ce qu'il y a11, on compare les prix et la qualité, on revient parfois sur ses pas Certains clients ont des vendeurs attitrés, qu'ils s'attendent d'ailleurs à toujours trouver au même endroit, car on n'aime guère le changement dans ce domaine. Même si les vendeurs ne les connaissent que de vue, la ville un lieu de rencontre non par leur nom ce qui est très souvent le casles habitués seront mieux servis que les clients de passage, et la conversation s'engagera beaucoup plus volontiers, II y a donc, pour certains usagers, un noyau de société d1 interconnaissance sur une place marchande en milieu urbain, grâce aux vendeurs qui s "y trouvent de façon régulière.

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En outre, on peut y rencontrer, de façon fortuite ou non, ,des personnes préalablement connues parmi la clientèle, ce qui - 17 - donne parfois lieu à de longues conversations entre les é— tais. Ses deux co-fondateurs, D. Hymes et J. J, Gumperz, ont pris ces la ville un lieu de rencontre années des directions quelque peu différentes Voir à ce sujet Lindenfeld c. Alors que Gumperz a et b s'oriente de plus en plus nettement vers une sociolinguistique interactionniste et interprétative qui puise ses données dans les sociétés modernes, Hymes reste fidèle à la longue tradition ethnologique de l'étude des sociétés non-occidentales, prenant comme sujet de recherche la poésie amérindienne.

De même, l'ouvrage de J.

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Sherzer sur les Kunas du Panama est une tentative de compréhension du rôle de la parole dans une société traditionnelle, à travers l'examen des structures et des fonctions de ses pratiques verbales.

Quelle que soit la société dont il s'agit, l'ethnographe de la communication peut toujours se donner comme tache préliminaire l'établissement d'un tableau des "façons de parler" propres à telle ou telle situation sociale. C'est ce que j'ai tenté de faire dans un article précédent Lindenfeld pour les marchés urbains en France.

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La ville un lieu de rencontre inventaire servira de base implicite dans la discussion qui suit, dont le but est d'apporter des éléments de réponse aux deux questions suivantes : la parole est-elle particulièrement impersonnelle sur 18 - une place marchande en milieu urbain, comme le suggèrent certains ethnologues?

Son caractère agressif a-t-il par contre une fonction intégratrice, comme l'indiquent les mêmes auteurs?

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Tenter de répondre à ces questions, c'est bien entendu traiter de certaines fonctions symboliques de la parole. Je m'efforcerai de le faire à travers l'examen de deux catégories de pratiques discursives fort caractéristiques des marchés urbains en France, à savoir les appels des vendeurs et la plaisanterie.

Les appels des vendeurs On entend sur les marchés urbains bien des propos qui, à première vue, peuvent paraitre très impersonnels : échanges verbaux de nature purement commerciale, boniment du camelot, et surtout appels des vendeurs pour attirer la clientèle.

Cette dernière catégorie de pratiques discursives se distingue de toutes les autres par son caractère de monologue et par des traits linguistiques ou para-linguistiques l'apparentant aux "cris de la rue", tel celui du vitrier ou du rémouleur là où ils existent encore Ayant pour fonction principale de faire venir le chaland vers telle ou telle marchandise, les appels de vendeurs sont nécessairement de nature agressive, tant par le ton que par le contenu : "Allez mesdames, achetez mes lapins, allez allez allez!!

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Notons que dans certains cas, la raison en est très simple : aussi incroyable que cela puisse paraître, plusieurs des usagers que j'ai interrogés m'ont déclaré ne jamais avoir entendu de tels propos à "leur" marché. D'autres clients interrogés ont été également surpris de ma question sur les appels de vendeurs. L'une des informatrices de Rouen déclare d'abord que "ça crie pas" au marché Saint Marc, puis se ravise pour dire que "du côté des vendeurs arabes" on entend parfois "Les oranges î", "Les belles bananes i" ou "Profitez, mesdames J"; or, d'après mes enregistrements sur le vif, ces exemples sont bien plats par rapport à la réalité, et les appels sont loin d'être uniquement le fait des Maghrébins sur ce marché.

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Il semble donc que certains clients "ferment les oreilles" à ce genre de propos la plupart du temps. S'il leur est possible ainsi de ne pas y prêter attention, n'est-ce pas là la preuve que cette pratique discursive, si particulière à la place marchande, constitue un maillon essentiel dans la trame de la sociabilité qui y existe? Une autre informatrice de Rouen est par contre persuadée que les vendeurs maghrébins sont plus "gênés" que les Français pour faire de tels appels ce qui est également contraire à la réalité, telle que j'ai pu l'observer maintes fois.

Son homme cherche femme tunisie, présent à l'entretien, la reprend d'ailleurs pour lui faire remarquer que l'on entend, du côté des Maghrébins, des appels du genre "Oh voyez mes belles tomates, regardez les prixj"; mais l'informatrice s'entête dans l'idée que "les vendeurs arabes ne font pas d'esclandres" ce qui est une façon comme une autre de montrer que la ville un lieu de rencontre n'est pas raciste.

On pourrait déduire de la remarque de cette informatrice que les appels de vendeurs sont mal vus à Rouen, ce qui n'est pas le cas. Notons que ces appels n'existent pas sur tous les marchés urbains en France : il y a des différences non seulement d'une ville à une autre, mais aussi d'une place marchande à une autre dans la même ville.

C'est ainsi qu'à Grenoble, on la ville un lieu de rencontre de ces appels et rarement que sur l'un des cinq marchés importants du centre-ville, à savoir celui de la place Saint Bruno, et ceci surtout dans la partie foraine plutôt que la partie alimentaire.

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